Des priorités politiques bouleversées à Saguenay en 2041

Alors que la campagne municipale qui vient de s’achever tournait autour de thématiques classiques, les campagnes futures seront marquées par une nouvelle génération de dirigeants et des idées plus progressistes.

La transition écologique est une « question de survie pour Saguenay », d’après le professeur en sciences humaines et responsable du club politique du Cégep de Jonquière Pierre Turcotte. Mais le mouvement est déjà bien amorcé et même « irréversible », pour l’avocat et ancien député péquiste Stéphane Bédard. Cet engagement environnemental devrait être porté par les prochains dirigeants. « Dans 20 ans, les jeunes auront remplacé les vieux en politique. Ils seront au pouvoir et leurs priorités seront différentes de celles d’aujourd’hui », espère le chef du parti Unissons Saguenay Claude Côté.  

M. Turcotte pense toutefois que les obstacles seront nombreux pour les futurs dirigeants locaux. La taille du territoire couvert par la ville rend la question des transports en commun très difficile à améliorer, et l’omniprésente voiture a encore de beaux jours devant elle. Sans oublier les « guerres de clochers » inhérentes aux villes issues de fusions, qui « minent le développement de projets d’envergure par cynisme politique », d’après lui.

Un paysage industriel régional métamorphosé

Ce changement de génération risque aussi d’avoir un impact profond sur le paysage économique de la région, et tout particulièrement du point de vue des industries traditionnelles. Pour Claude Côté, « l’avenir réside dans l’aluminium vert produit par Elysis et dans la fibre cellulosique », des technologies encore en voie de développement mais qui pourraient supplanter l’industrie traditionnelle, une vision partagée par Stéphane Bédard.

Avant de songer au développement économique, il faudra résoudre la problématique de la pénurie de main d’œuvre, principalement grâce à l’immigration. La région peut se baser sur des pôles d’excellence comme le numérique pour attirer de la main d’œuvre. Mais qui dit immigration dit intégration, et même si Pierre Turcotte se félicite que « le changement de génération laisse moins d’importance au nationalisme », il faudra trouver des solutions pour donner envie de s’installer dans la région.

De son côté, Claude Côté esquisse la possibilité de donner aux résidents permanents le droit de vote, afin de leur conférer plus de pouvoir et une plus grande implication au niveau municipal.