Adieu les cons, tragi-comédie qui critique l’absurde de nos sociétés

Il était une fois une femme qui souhaitait vivre mais ne le pouvait pas, et un homme qui pouvait vivre mais ne le voulait pas : bienvenue dans l’univers désenchanté, punk et génialement absurde d’Adieu les cons, le dernier film d’Albert Dupontel.

L’acteur et réalisateur français ne voit définitivement pas la vie en rose. Mais qu’à cela ne tienne, il a pris le pari d’en rire plutôt que d’en pleurer. Dupontel parvient à nous transporter dans son univers burlesque, où l’on rit de bon cœur avec lui, le tout autour de la thématique de la filiation, chère à ses yeux.

Pourtant, l’histoire qu’il raconte pendant près de 90 minutes n’a rien de drôle. Suze Trappet,  coiffeuse atteinte d’une maladie auto-immune causée par l’inhalation de fixatifs dans son salon, cherche désespérément son fils, né sous X a lors qu’elle n’avait que 15 ans. Au gré de ses pérégrinations, elle rencontre Jean-Baptiste Cuchas, informaticien de génie mis au placard par ses supérieurs et au bord de la dépression nerveuse. Après  une tentative de suicide spectaculairement manquée et un début de cavale face aux forces de l’ordre, il accepte d’aider Suze dans sa quête, en échange d’un témoignage favorable. Ils seront finalement rejoints par M. Blin, archiviste devenu aveugle suite à une bévue policière et principal ressort comique du film. La  performance des trois acteurs est impressionnante,  tout particulièrement Virginie Efira dans un rôle pourtant difficile. Elle est très bien accompagnée par un Albert Dupontel parfaitement dans son rôle et Nicolas Marié qui parvient à transformer un personnage pourtant secondaire en un complice irrésistible.

Le tour de force du film vient du portrait d’une société kafkaïenne, déshumanisée, dans laquelle les marginaux et les accidentés de la vie n’ont pas leur place que s’est amusé à peindre Albert Dupontel. Les absurdités et l’hypocrisie du monde du travail, les violences policières sont particulièrement pointées du doigt par le réalisateur, qui joue d’un humour particulièrement acide et désenchanté et n’hésite pas à moquer toute forme d’autorité, dans la plus pure tradition punk.

Tour à tour outrancière, intime et poignante, selon un rythme effréné mais soigneusement dosé, la mise en scène de Dupontel ne laisse aucun répit au spectateur tiraillé entre le rire et les larmes, jusqu’à une scène finale qui en laissera plus d’un bouche bée.